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Fiche de repérage des proches aidants

Publié le par Bernard Pradines

Fiche de repérage des proches aidants

La Maison Départementale de l’Autonomie du Tarn (MDA) met à disposition une fiche de repérage des proches aidants.

En effet, ces derniers ne sont pas toujours conscients d’être aidants et/ ou ne recourent pas aux aides possibles. La prévention de leur épuisement est pourtant essentielle.

C’est pourquoi le lien ci-dessous pointe vers cette fiche :

http://www.geriatrie-albi.com/Fiche_de_reperage_de_laidant.pdf

Il est toujours possible de s’adresser à contact.mda@tarn.fr

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Personnes âgées et Covid-19 : il faut revoir les parcours de santé pour éviter que ces patients soient "morts pour rien"

Publié le par Bernard Pradines

Personnes âgées et Covid-19 : il faut revoir les parcours de santé pour éviter que ces patients soient "morts pour rien"

Mots-clés : médico-social ARS établissements de santé infectio santé publique soins de ville neuro géronto Ehpad hôpital CHU-CHR fin de vie-soins palliatifs AP-HP éthique-déontologie congrès Île-de-France

PARIS, 24 novembre 2020 (APMnews) - La crise du Covid-19 a été un "fantastique révélateur" des problèmes existants sur le parcours de santé des personnes âgées dont il faut désormais revoir l'organisation, afin que ces patients, pas toujours décédés dans de bonnes conditions médicales ou éthiques, ne soient pas "morts pour rien", a estimé mercredi le Pr Olivier Saint-Jean, chef du service de gériatrie de l’Hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP, Paris, AP-HP).

Il est intervenu lors du Séminaire national des hospitaliers (SNHosp), organisé jusqu'à vendredi en visioconférence par la Fédération hospitalière de France (FHF) et la Société francophone d'information médicale (Sofime).

Le Pr Saint-Jean a souligné la complexité de l'organisation entre les médecins traitants, les médecins coordonnateurs et les équipes mobiles intervenant en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), "fruit des postures" des différents acteurs. "Ça fait 25 ans qu’on est confrontés à ces problèmes, il faudrait siffler la fin de la récréation", a-t-il insisté.

Pour lui, l'épidémie de Covid a été un "fantastique révélateur" des "immenses difficultés d’organisation en gériatrie". Il espère que cela permettra d'impulser un changement comme cela a été le cas après la canicule de 2003, qui a entraîné une "profonde réorganisation" de la gériatrie, avec notamment l'ouverture de services de gériatrie de court séjour.

"Les vieux de la canicule ne sont pas morts pour rien. La question aujourd’hui est: est-ce que les vieux du Covid sont morts pour rien?"

Il estime que cela devrait amener à organiser "complètement différemment" les parcours de santé des malades âgés. "Il faut mettre de l’ordre à l’image de ce qu’est un soins intégré". Malgré la carence de professionnels, il juge plus que jamais nécessaire d'inventer des "care managers dotés de réelles prérogatives d’organisation".

Revenant sur les derniers mois, il a pointé "une vraie lenteur de mobilisation des tutelles" qui, pour certaines, après avoir demandé aux Ehpad de se confiner, "ont eu l’impression que l’essentiel du travail avait été fait".

"Nos autorités n’ont pas mis en tête de gondole de leurs réflexions la problématique des sujets âgés, sachant que d’une part il y avait effectivement les filières de soins habituelles [...] qui devaient fonctionner" et que d'autre part, les Ehpad ont été "un peu relégués dans un confinement extrêmement sévère".

Le Pr Saint-Jean a qualifié de "peu efficaces" les modèles de coordination existant entre Ehpad, ville et hôpital, fondés sur des conventions, des plans blancs ou bleus imaginés dans le cadre de la canicule. "Ça a été un petit peu au bon vouloir" des structures avec des "situations très contrastées", a-t-il relevé (cf dépêche du 23/07/2020 à 18:05).

Il a évoqué des hôpitaux "très bienveillants dans leur prise en charge" dans des unités d’hospitalisation conventionnelle des malades très âgés. Mais il y a eu aussi "beaucoup d’hôpitaux qui ont fait des choix" dont il a questionné la pertinence. "Il y avait des hôpitaux, universitaires notamment, qui avaient des réserves d’hospitalisation complète, et qui, finalement au bout de 24 heures", renvoyaient les malades âgés en Ehpad avec de l'oxygène alors que l'Ehpad est "sanitarisé" et non médicalisé, a-t-il déploré.

"Il faut qu’on sorte de cette coordination Bisounours pour quelque chose de bien plus organisé, contraignant pour les deux parties, sur l’acceptation et la prise en charge des malades âgés", a-t-il exhorté.

Il a par ailleurs observé que la crise avait donné la liberté aux médecins coordonnateurs et aux équipes mobiles de prescrire et donc une "efficacité absolument prodigieuse dans ce contexte".

Le Pr Saint-Jean s'est aussi demandé si les moyens mobilisés pour les TGV médicalisés afin de transférer des patients en réanimation "auraient pu être dispatchés dans d’autres endroits, avec un bénéfice" plus important pour réduire la mortalité, "dans une logique de priorisation".

Des "fantassins" avec des "armes peu sophistiquées"

Lors de cette session, le Pr Saint-Jean a insisté sur les complexités du patient âgé dans le cadre de la prise en charge du Covid-19, à la fois organisationnelles, médicales et éthiques. "En tant que médecin gériatre, [...] on a le sentiment d’avoir quand même été dans une première ligne moins heureuse", a-t-il souligné.

"Si on reprend la métaphore guerrière, il y a des fronts dans lesquels on a la technologie [et] des armes extrêmement sophistiquées" alors qu'en gériatrie, il y avait "des armes peu sophistiquées et des protections modestes" et les malades âgés ont été "un petit peu des fantassins".

Il a présenté des données sur plus de 800 patients qui seront publiées par la collégiale de gériatrie des hôpitaux de Paris.

S'agissant des services de gériatrie de court séjour, le taux de mortalité s'est élevé à environ 30%, ce qui est très élevé et "pas tellement différent de ce qui est observé en réanimation", a-t-il noté. "Ces patients ont été très peu transférés dans des structures de réanimation", à peine 2%. Pour lui, "ce chiffre doit être discuté mais il n’est pas du tout [...] l’occasion de dire que les patients étaient refusés, c’est plus compliqué que ça".

Dans les unités de soins de longue durée (USLD) de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), "le tribut a été assez lourd", avec pratiquement 40% des personnes hébergées contaminées et un taux de mortalité de 25%.

Parmi les signes cliniques associés les plus différents par rapport à ceux des adultes jeunes, il a évoqué la confusion mentale, l’insuffisance cardiaque et l’insuffisance rénale aiguë.

Il a relevé "des atypies de présentations cliniques", qui ont beaucoup "désarçonné au départ" et ont été responsables de retards au diagnostic et de mauvais adressages hospitaliers. "Compte tenu de la période de contamination présymptomatique, ces errances diagnostiques [...] ont donné lieu à des diffusions très importantes", notamment dans la période initiale où le matériel de protection pouvait faire défaut dans les Ehpad.

Il a évoqué l’"hypoxie heureuse", "que les patients toléraient très très bien au début". Toutefois, en cas de déclin cognitif, "ces patients n’appelaient pas les acteurs de santé auprès d’eux" et certains ont été "complètement ignorés au début" car "on ne fait pas en Ehpad ou en USLD des mesures de saturation quotidienne".

Outre les pathologies digestives et des décompensations d'autres pathologies (thrombo-embolique ou cardiovasculaire), il a souligné un "point très particulier qui a été la confusion mentale". Cela se traduisait par une aggravation d'un déclin existant, de la confusion en cas de fragilité cognitive ou de longs syndromes confusionnels chez des patients exempts de toute fragilité cognitive antérieure.

"Cette confusion mentale est un obstacle à la prise en charge et elle nous a amenés à reposer encore plus la problématique de la contention des phénomènes de confusion et notamment de la déambulation chez les patients paucisymptomatiques", a-t-il relaté. Il a observé que tous les Ehpad ne pouvaient pas mettre en place des unités fermées.

Réfléchir à des modèles prédictifs de limitation thérapeutique

Le Pr Saint-Jean a par ailleurs mis en avant la nécessité de réfléchir à des modèles prédictifs de limitation thérapeutique quand la réanimation représente une obstination déraisonnable.

Même si ces questions font partie du quotidien de la gériatrie, il s'est demandé si les outils actuellement disponibles étaient "pertinents". "Je ne sais pas si nous avons 'limité' les bons malades et c’est une question très difficile qui reste dans notre esprit comme un élément de complexité majeure", a-t-il souligné.

Lors de la crise, il a également observé que très peu de patients avaient entamé, avec leur entourage ou leur équipe médicale, un dialogue anticipé sur ces situations alors que la confusion mentale peut ensuite les empêcher d'exprimer clairement leur volonté. "On a touché du doigt, dans cette épidémie, le côté dramatiquement inadapté de nos pratiques antérieures." "Assez souvent, la désignation de la personne de confiance faisait défaut", a-t-il relaté.

Dans le cadre de la loi, on était "dans la nécessité d’avoir cette collégialité de décision" mais cela a été "extrêmement difficile à organiser" dans la plupart des Ehpad, a-t-il observé.

Il a "un grand point d’interrogation sur la pertinence a posteriori des décisions qui ont pu être prises d’une manière solitaire voire même d’une absence de décision". Les professionnels des Ehpad "ont payé un lourd tribut au début de l’épidémie" et parfois, "lorsque la grand vague est arrivée", l’infirmière coordinatrice, le médecin coordonnateur et le directeur étaient absents et "on s’est trouvé, dans des Ehpad, dans des situations absolument terrifiantes", a-t-il pointé.

Pour lui, la complexité éthique perdure même si la situation s’est un peu améliorée pour la 2e vague. Il juge aussi nécessaire de se demander si les conditions de prise en charge des symptômes de fin de vie ont été adéquates. "Les conditions de décès n’ont probablement pas été partout dans une situation de décence adaptée", a-t-il déploré.

cb/nc/APMnews

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Source : 

©1989-2020 APM International - https://www.apmnews.com/story.php?objet=359568&idmail=.O.oQ4xQ03Sib7LrDKvHBQowJdIYck8rRjTlRCTZ1iBQ6gxj-8pTm3gKvwQ76fWDfV0Xw-F4uKofRdUO1Xb0LufojW3weqFZRDM3VN14AXdOU8NoJ2QOgoiR7bVOF6rjFR3xkStpxmpFaGlIZB_2Ta-r6wWAyG-vcoZ5BM1x6jJ6rIpJmHute_F5q-E0KzzJqPtAxn_YwBmccbcenmleh3CJd6TO2cqsXDM-lQzPMKYOgw.

 

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