Etude sur la fin de la vie en EHPAD en Occitanie

Publié le par Bernard Pradines

Etude sur la fin de la vie en EHPAD en Occitanie

Dans un article paru en 2019 (Elyn A. et al, 2019), des auteurs toulousains étudient la fin de la vie de résidents déments et non déments dans les EHPAD de la région Occitanie (France).

Il s’agissait d’abord de comparer la situation des résidents qui décédaient dans les six mois selon qu’ils étaient ou non déments.

Le qualificatif de démence semble attribué avec trop de parcimonie par les enquêteurs de terrain car seuls 42% des résidents étaient considérés comme déments au lieu des 75% attendus dans la littérature.

Parmi les résultats intéressants : seuls 15% des résidents déments qui devaient décéder dans les six mois étaient considérés comme se trouvant en fin de vie par les enquêteurs sollicités lors de l’inclusion.

Sans surprise, les résidents ayant reçu un diagnostic de démence présentaient davantage de troubles du comportement productifs que les autres. La contention est encore largement utilisée puisque présente chez 46,8% des résidents dans les six derniers mois de la vie. Elle est davantage employée chez les résidents déments (55,4 % vs 38,6%). Les barrières de lit sont considérées comme telle mais les résultats ne permettent pas de connaitre les types respectifs de contentions employés.

Les antalgiques sont utilisés chez plus de 40% des résidents étudiés. Ces substances semblent moins employées pour les déments que pour les non-déments, ce qui est statistiquement significatif pour les opioïdes dits faibles. Alors qu’un quart des patients déments émettent une plainte douloureuse, seulement un tiers d’entre eux reçoivent des opioïdes forts. Les auteurs soupçonnent que cette situation est à l’origine de troubles du comportement liés à une douleur mal reconnue ou mal maîtrisée.

L’utilisation des anxiolytiques est moindre chez les déments que chez les non-déments à la fin de la vie ; les benzodiazépines sont moins utilisées chez les déments que chez les non-déments. Les auteurs s’interrogent aussi sur la bonne prise en charge de l’anxiété. D'où la nécessité d’envisager la balance bénéfices/risques des médicaments à la fin de la vie. Les effets secondaires devraient à leur avis être moins préoccupants à cette phase. Ainsi, du fait de la faible identification de ces situations, des mesures thérapeutiques adéquates qui lui sont attenantes ne sont pas entreprises. Les auteurs préconisent donc de remplacer la question : « Le résident est-il en fin de vie ? » par une autre, qualifiée de question surprise, plus sensible : « Seriez-vous surpris·e que votre patient·e décède dans les six prochains mois ? » Cette attitude permettrait d’engager une réflexion sur des démarches palliatives nécessaires dans ce moment ultime de la vie.

Elyn, A., Sourdet, S., Morin, L., Nourhashemi, F., Saffon, N., Souto Barreto, P., & Rolland, Y. (2019). End of life care practice and symptom management outcomes of nursing home residents with dementia: secondary analyses of IQUARE trial. European Geriatric Medicine, OnlineFirst, 1-9.

Abstract ci-dessous :

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R. 26/11/2019 12:18

Oui le test que je mets totalement en cause est bien le MMSE (et doute sur sa validité : une personne présente déjà une démence avancée qd le MMSE devient positif !). Le personnel minimise toujours les troubles, il lui faut devenir épuisé pour commencer à tolérer reconnaître certains troubles !

R. 26/11/2019 12:13

Cet article est le reflet de mes observations en EHPAD durant une douzaine d'années. J'ai dû me battre contre des médecins refusant les antalgiques !
L'évaluation de la douleur ... à revoir totalement.

R. 21/09/2019 09:16

Tant que les soignants seront autant en souffrance et autant surmenese, celle des malades sera remise à plus tard et mal soulagée !!!

R. 21/09/2019 09:10

Constat affligeant. Quant au quota de malades présentant une degerescence, il faut d'abord affirmer que le test est très criticable. En, EHPAD je le complétais par un autre, plus sensible. Alors j'obtenais davantage de malades.

Antoine Elyn 02/10/2019 07:47

Dans notre étude, le diagnostic s'établit de la manière suivante :
1) le résident a-t-il un antécédent de démence ?

Une deuxième question était posée aux coordonnateurs :
2) Pensez vous que le résident soit atteint de troubles cognitifs ? (Sans permettre finalement d'améliorer la sensibilité donc nous ne l'avons pas prise en compte)

Je pense que vous faite allusion au MMSE ? (Il n'a pas été mesuré dans notre travail, il n'a de pertinence que pour classer la sévérité des troubles.. et encore, les échelles anglo-saxonnes type FAST sont plus pertinentes cliniquement)

Bernard Pradines 21/09/2019 09:50

Pouvez-vous préciser de quel test il s'agit ?